Déclaration de solidarité d’AFRODAD lors de la 17e conférence annuelle du SADCOPAC et de la 21e assemblée générale annuelle (AGA) au Lesotho
Le Très Honorable Premier ministre Samuel Matekane, la Présidente du Sénat Mamonaheng Mokitimi, le Président de l'Assemblée nationale du Lesotho Tlohang Sekhamane, l'Honorable Président de la SADCOPAC, l'Hon. Warren Mwambazi, le Président du PAC et Secrétaire général adjoint de la SADCOPAC, l'Hon. Machabana-Lemphane-Letsie, Honorables députés de la région et Très Honorables députés du continent présents ici, Chefs de délégation, représentants gouvernementaux et membres du quatrième pouvoir, bonjour !
Au nom du directeur exécutif d'AFRODAD, M. Jason Braganza, c’est un honneur et un plaisir de prononcer la déclaration de solidarité d’AFRODAD lors de la 17e conférence annuelle et de la 21e assemblée générale de la SADCOPAC qui se tiennent ici à Maseru, au Lesotho, en reconnaissance du rôle important que jouent les députés et les Comités des comptes publics pour protéger les fonds publics et veiller à ce que les emprunts soient utilisés aux fins prévues, fassent progresser l’agenda de développement du pays et servent les citoyens. Cela est d’autant plus important aujourd’hui que la dette de l’Afrique a atteint un point de crise.
Distingués membres, la crise de la dette devient plus qu’un défi financier. Elle devient un enjeu de développement, car de nombreux pays consacrent plus de 50 % de leurs recettes fiscales au service de la dette qu’au financement du développement. Elle devient un enjeu social, les gouvernements affectant désormais davantage de fonds au service de la dette qu’à la santé et à l’éducation. Cela aura certainement un impact négatif sur les résultats socio-économiques du continent et de la région. C’est aussi un enjeu politique.
Lorsque les gouvernements priorisent les créanciers au détriment des citoyens, ils rompent le pacte sacré du contrat social et mettent en péril les revenus futurs provenant de nos ressources et actifs naturels. Cela conduira inévitablement à une rupture de la cohésion sociale et à une augmentation de l’insécurité et des protestations publiques, comme nous le constatons à travers le continent, avec des conséquences de grande portée. Pour situer les choses, au moins 22 pays africains sont en situation de détresse de la dette ou à risque, et près de la moitié des pays africains — 24 pays — dépensent davantage pour les intérêts que pour la santé, tandis que 7 en dépensent plus pour les intérêts que pour l’éducation. Ainsi, on s’attend à ce que les pays africains consacrent plus de 90 milliards de dollars au service de la dette.
Le rôle des parlementaires — en particulier des Comités des comptes publics — dans ce contexte devient crucial pour réimaginer la gouvernance de la dette : veiller à ce que la contraction d’emprunts dépasse les simples contrôles d’audit et implique un examen actif des emprunts et des remboursements. AFRODAD félicite la SADCOPAC pour les étapes franchies jusqu’à présent afin de fournir à ses membres les connaissances requises pour renforcer leur mandat de surveillance en matière de gestion de la dette — s’assurant que les fonds empruntés servent l’intérêt public et non l’accumulation de charges d’endettement insoutenables. Le partenariat d’AFRODAD avec la SADCOPAC a été fondé sur une collaboration mutuelle et s’étend à d’autres PAC de la région, notamment WAAPAC et AFROPAC qui sont présents ici aujourd’hui, car les représentants élus, en période de forte pression fiscale, doivent être habilités.
Dans un esprit de solidarité, nous affirmons notre partenariat avec la SADCOPAC pour renforcer son contrôle législatif tout au long des cycles d’endettement, encourager la collaboration régionale en faveur de cadres de prêt internationaux plus équitables et veiller à ce que les emprunts d’aujourd’hui favorisent un développement durable pour les générations futures.
Nous remercions la SADCOPAC de son engagement à travailler avec la société civile et l’encourageons à renforcer la collaboration avec les OSC pour soutenir l’examen parlementaire de la dette publique par les Comités des comptes publics et à habiliter les législateurs à tenir les gouvernements responsables de leurs pratiques d’emprunt. Nous sommes impatients d’échanger des idées avec les Honorables membres au cours des prochains jours et d’en apprendre davantage sur le « Royaume des montagnes ».
Par Catherine Mithia, Chargée de recherche et de plaidoyer - Gestion de la dette souveraine ; au nom de Jason Braganza, Directeur exécutif d'AFRODAD.
