DÉCLARATION DE SOLIDARITÉ POUR LA JOURNÉE INTERNATIONALE DE LA JEUNESSE 2025
Émis par le Youth For Tax Justice Network (YTJN) et le African Forum and Network on Debt and Development (AFRODAD) • 12 août 2025
En cette Journée internationale de la jeunesse 2025, nous célébrons la plus grande ressource de l’Afrique, sa population jeune, et, avec sa participation active et pleine, les Africains peuvent surmonter des difficultés substantielles. Nous faisons front commun au-delà des frontières et des cultures pour célébrer la jeunesse en Afrique et au-delà. L’Afrique, le continent le plus jeune avec plus de 400 millions de jeunes, connaît une poussée d’innovation technologique dirigée par les jeunes. La jeunesse africaine exploite des compétences entrepreneuriales pour créer des emplois et relever des défis locaux. Le Global Entrepreneurship Monitor (GEM) rapporte que l’Afrique affiche le taux d’entrepreneuriat le plus élevé au monde, avec 22 % des Africains en âge de travailler impliqués dans des activités entrepreneuriales en phase de démarrage. De plus, des jeunes au Kenya, au Nigeria, en Ouganda et dans d’autres pays agissent en influençant les politiques et les processus législatifs au niveau national, régional et mondial, en suivant les budgets, en exposant les flux financiers illicites, en se mobilisant pour des redevances équitables dans les communautés extractives, en plaidant pour un financement climatique durable et en bâtissant la résilience et l’adaptation climatiques à partir du terrain. Ibrahim Traoré, président du Burkina Faso, est non seulement le plus jeune dirigeant actuel de l’Afrique, mais aussi le plus jeune du monde.
Pourtant, nos initiatives locales ne peuvent pas soutenir l’Agenda 2063 si les règlements mondiaux continuent d’épuiser les ressources mêmes dont nos communautés dépendent. Le plus grand défi sur le marché du travail pour les jeunes en Afrique subsaharienne est la rareté d’opportunités d’emploi productives et décentes. En 2023, le taux de NEET (ni en emploi, ni en éducation, ni en formation) chez les jeunes en Afrique subsaharienne était de 21,9 %, soit plus élevé que le taux mondial de 20,4 %. Cette région est l’une des seules trois au monde à avoir été évaluée comme « en décalage » par rapport à son engagement envers les Objectifs de développement durable (objectif spécifique 8.6) visant à réduire la population des jeunes NEET. L’absence d’opportunités d’emplois de qualité met de nombreux jeunes Africains en risque de pauvreté, de migration forcée et d’engagement dans des activités illégales. Une fiscalité équitable et des règles de dette justes permettent de transformer l’action locale des jeunes en une transformation nationale durable.
À travers le Sud global, la dette souveraine insoutenable dépouille les budgets publics de l’éducation, des soins de santé, de l’adaptation et de la résilience climatiques, et d’un travail décent, piliers centraux de l’Agenda 2063 de l’Afrique que nous voulons et fondation de notre avenir. Comme le déclare la Déclaration de Harare, la poussée démographique des jeunes africains, moteur de l’agenda de transformation structurelle du continent, risque d’être une opportunité manquée du fait du fardeau de la dette accumulée, tout en risquant d’être exclue de l’accès à des financements dont le besoin est urgent pour investir en eux, et les obligeant à porter le fardeau d’un avenir hypothéqué. Plutôt que d’investir dans notre potentiel, les gouvernements sont contraints de détourner des milliards vers les créanciers, trop souvent vers des prêteurs qui privilégient le profit sur les personnes. Ce n’est pas seulement un déséquilibre économique ; c’est une trahison générationnelle. Nous exigeons donc une justice en matière de dette et de fiscalité qui place les personnes et la planète au premier plan. Nous sommes la génération qui vit des conséquences des choix que nous n’avons pas faits, et pourtant nous portons leurs coûts dans nos classes, nos centres de santé, nos projets d’adaptation et de résilience climatiques, et les emplois que nous nous efforçons encore de trouver ou de créer.
Les négociations en cours en vue d’une Convention fiscale des Nations Unies constituent une occasion unique, générationnelle, de réparer un système truqué. Nous appelons à un processus véritablement inclusif et intergouvernemental qui freine l’abus fiscal et les flux financiers illicites, rééquilibre les droits d’imposition en faveur des pays en développement, fasse en sorte que les multinationales et les ultra-riches paient leur juste part, et garantisse la transparence qui permet aux citoyens et aux jeunes de tenir le pouvoir pour responsable. Les règles fiscales mondiales doivent servir les objectifs de développement durable en finançant les écoles, les cliniques, la résilience climatique et un travail décent, et non les appauvrir.
La dette souveraine nécessite le même courage. Les solutions patchwork, imposées par les créanciers, maintiennent les pays dans des cycles d’austérité qui punissent le plus les jeunes. Nous appelons donc à une Convention-cadre des Nations Unies sur la dette souveraine qui mette en place un système prévisible, impartiale et fondé sur les droits humains pour prévenir et résoudre les crises de la dette, axisé sur le développement, la justice climatique et l’équité intergénérationnelle.
Nous n’accepterons pas un système qui sacrifie notre avenir pour les erreurs et l’exploitation du passé. Nous continuerons à nous organiser, à dire la vérité au pouvoir et à concevoir des solutions dignes des aspirations de nos générations présentes et futures.
Our Demands:
- As the African Borrowing Charter states, governments must sustainably balance public debt levels with the necessity to accelerate inclusive development and enhance public service delivery for youth and all Africans. This is achieved through the promotion of local youth-driven action, through prioritising public investment in youth-led development, green and care economy jobs, digital access, and social protection so that local initiatives can scale and endure.
- Guarantee youth participation: Embed youth representation and accountability mechanisms in tax and debt decision‑making from local budget processes to global negotiating rooms.
- The Harare Declaration demands cancellation and restructuring of debt: Deliver timely, comprehensive debt cancellation and restructuring that protects essential public services, climate action, and decent work, with automatic payment suspensions during crises.
- Conclude a robust UN Tax Convention: Secure an inclusive, universal, and binding convention that reduces tax abuse and illicit financial flows, rebalances taxing rights, mandates public beneficial ownership and country‑by‑country reporting, and strengthens domestic resource mobilisation for the SDGs.
- Establish a UN Framework Convention on Sovereign Debt: Create a fair, transparent, and rights-based global mechanism with independent decision-making, climate- and disaster-responsive clauses, and meaningful participation by affected communities, especially youth and women.
Nos demandes:
- Comme le précise la Charte africaine d’emprunt, les gouvernements doivent équilibrer durablement les niveaux d’endettement public avec la nécessité d’accélérer un développement inclusif et d’améliorer la prestation des services publics pour les jeunes et tous les Africains. Cela se réalise par la promotion de l’action locale dirigée par les jeunes, en priorisant l’investissement public dans le développement mené par les jeunes, les emplois de l’économie verte et des soins, l’accès au numérique et la protection sociale, afin que les initiatives locales puissent s’amplifier et perdurer.
- Garantir la participation des jeunes: intégrer des mécanismes de représentation et de responsabilisation des jeunes dans les décisions fiscales et de dette, des processus budgétaires locaux jusqu’aux salles de négociation mondiales.
- La Déclaration de Harare exige l’annulation et la restructuration de la dette: mettre en œuvre une annulation et une restructuration de la dette en temps utile et de manière globale qui protègent les services publics essentiels, l’action climatique et le travail décent, avec des suspensions automatiques de paiements en cas de crise.
- Conclure une robustes Convention fiscale des Nations Unies: garantir une convention inclusive, universelle et contraignante qui réduise l’abus fiscal et les flux financiers illicites, rééquilibre les droits d’imposition, obligue à la transparence sur les bénéficiaires effectifs et le reporting pays par pays, et renforce la mobilisation des ressources domestiques pour les ODD.
- Établir une Convention-cadre des Nations Unies sur la dette souveraine: créer un mécanisme mondial juste, transparent et fondé sur les droits, avec des clauses climatiques et en cas de catastrophe, et une participation significative des communautés affectées, en particulier les jeunes et les femmes.
En ce jour, nous réaffirmons que les jeunes ne sont pas des héritiers passifs de la dette; nous sommes des bâtisseurs actifs d’un avenir plus juste et plus libre. Les actions locales des jeunes en direction de l’Afrique que nous voulons iront plus loin et dureront plus longtemps lorsque les règles fiscales et de dette mondiales serviront enfin la justice. Nous sommes prêts à construire notre avenir !
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Fidélité Nshimiyimana - Responsable campagnes et communications - AFRODAD
John Kafuko - Responsable des programmes, Youth for Tax Justice Network
